Ils sont nourris le temps de la moisson c'est la coutume. Ils ont le droit d'avoir un cochon à eux. Leurs femmes doivent faucher pour la moisson. Les valets de ferme sont tenus de louer et de nourrir une ouvrière agricole, qu'on appelle une "asservie", et qu'on paye en général dix pence par jour.
(I,1)
Bi bo bébito. Tu as fait pipi? Berk. Tu pues? Berk! Pleure pas, pleure pas. Je vais te dire une histoire. Je vais te dire l'histoire du fantôme. Elle est vraie. J'étais montée sur la lande. Le maître m'avait envoyée. Avec un message pour le berger. Mais la brume étouffait mes paroles. Et alors j'ai entendu, tout près : "creuuu...creuuu...creuuu..."-une charrue qui creusait la terre et qui butait sur une ou deux pierres. Et un homme qui appelait ses bêtes : "cooooooop, cooooooop", comme un corbeau. Je sentais les bêtes sur la terre, je les sentais dans mes pieds. Des boeufs. Je sentais leur odeur. Je voulais marcher avec le laboureur jusqu'à ce que la brume se lève. Je criais. Mais la brume m'entourait et étouffait tout. Après, Jock le berger a dit : "personne laboure ici Tottie - les seuls sillons qu'il y a là, c'est les sillons de l'ancien temps. Tu peux encore voir les traces. Ils ont des centaines d'années. Mais tu verras pas de laboureur, et tu verras pas de charrue." Oui. Mais je l'entendais pourtant...
(I,5)
Elle veut pas-je peux pas m'empêcher de les entendre la nuit-et alors il-je déteste ça les entendre-elle veut pas le laisser, elle veut pas le toucher-et alors il-il vient et reste à côté de l'autre lit. Je tiens les rideaux fermés, je serre les enfants tout près, les deux devant moi et le plus petit entre moi et le mur-mais ils dorment comme des souches-il se tient là, je peux l'entendre-elle peut l'entendre, c'est ça le pire, elle peut l'entendre, je l'entends qui écoute-mais c'est pas ma faue-c'est pas ma faute-c'est pas...
(II,4)